Témoignage #21
- Bac S spé SVT mention TB
- PASS biologie à Clermont
- Tutorat seul
- Classement : Top 10 pour 90 places en médecine (dont 45 après oral)
- Filière choisie : MEDECINE
As-tu utilisé une méthode de travail en particulier ? Peux-tu l’expliquer ?
Personnellement j’avais besoin de revoir de nombreuses fois les cours et forcément c’était des lectures plutôt rapides à chaque fois. Une fois le cours tapé et propre, je m’arrangeais pour le voir tous les 2 jours durant la semaine où je l’avais reçu (c’est à dire lundi/mercredi/vendredi, ou mardi/jeudi) puis je le reprenais encore le week-end, en plus d’autres cours anciens des semaines passées. Ca faisait donc 3 ou 4 répétitions du cours en une semaine, puis tout au long du semestre je ne laissais jamais plus de 2 ou 3 semaines max sans revoir le cours le week-end. Donc au total je suis arrivée à 10 lectures environ pour chaque cours, à adapter évidemment. Pour ce qui est de l’apprentissage en lui-même, je ne faisais que très peu de fiches, selon moi c’est une énorme perte de temps puisque tout est à savoir ; les seules fiches que j’avais étaient celles du tutorat qui résumaient bien le cours, et celles que je me faisais pour mieux visualiser un plan de cours/des mécanismes compliqués par exemple. Je lisais mon cours de manière archi concentrée, sans passer beaucoup de temps dessus et souvent je parlais à voix haute en me l’expliquant à moi même, c’était ultra efficace, j’utilisais mes mots et je faisais des gestes pour ancrer le cours, et surtout je changeais souvent d’endroit et de position à chaque chapitre pour que ce soit moins monotone. Bien sûr je refaisais chaque colle du tutorat environ 2 semaines après qu’elles soient tombées, ainsi que les ED des profs ++.
Quelle était ta journée type ? *
Toute l’année et tous les week end j’ai gardé les mêmes horaires et le même rythme, sauf au début du semestre (début septembre) le temps de s’habituer. Je me levais à 7h, et je bossais directement. J’allais prendre mon petit dej vers 8h30 ; c’est un truc que je conseillerais de décaler son repas, pour qu’il compte comme une pause et qu’on ait déjà l’impression d’avoir un peu avancé sa journée. Je bossais jusqu’au repas de midi, qui n’était pas toujours fixe. Je n’avais pas de pause proprement dite, fixée entre telle heure et telle heure, mais je prenais 5-10 min quand je changeais de cours ou quand j’en ressentais le besoin, pas tout le temps. Au début je prenais 1h pour les repas, puis plus le concours approchait plus ça tournait autour de 20-30 min. L’après midi se déroulait de la même manière que le matin, sans pause fixe mais forcément des petits relâchements de temps en temps pour mieux reprendre ensuite. Le soir, soit j’avais colle du tutorat de 19h à 22h, soit je continuais de bosser et de toute façon je n’arrêtais de travailler qu’à 23h (oui, il m’arrivais de bosser après les colles quand j’étais encore assez réveillée). Pour ce qui est de l’organisation des UE, je n’avais pas vraiment de planning, j’essayais de prendre les cours le plus vite possible au début de chaque semaine (ils étaient sous format vidéo et tombaient toutes le semaines) puis après je faisais mon surlignage et mes lectures de cours. J’alternais grosse et petite matière, raisonnement et par coeur, toujours dans le but de casser la routine et rendre la journée moins monotone.
As-tu rencontré des difficultés lors de cette année ? *
Oui beaucoup, mais rien n’était insurmontable ! En premier, nous étions dans le flou complet concernant la réforme, le type d’épreuves que nous allions avoir, les conditions à valider pour avoir son année, les nouvelles matières pour lesquelles il n’y avait aucune annale…. ça rajoutait forcément du stress. Ce que j’ai trouvé dur mentalement, c’est de gérer mineure et majeure. Pour ma mineure biologie, je n’y passais pas plus de 3-4h par semaine, alors que je bossais 13-14h par jour pour la médecine, je ne voulais pas « gaspiller du temps ». Mais plus le semestre avançait, plus je stressais de ne pas avoir la moyenne en biologie, ce qui serait rédhibitoire pour aller en P2. Finalement j’ai bossé toute la nuit avant le partiel de biologie (qui était le dernier) pour rattraper mon retard et c’est passé nickel. Forcément, l’isolement a été dur à gérer vers le fin de l’année. Au début, pas du tout, car j’avais des colles en présentiel avec le tutorat malgré le full distanciel avec la fac, et puis le confinement ne m’a pas trop changée, au contraire, c’était moins rageant de voir que tout le monde était cloitré chez soi. Mais en mars, c’est devenu un peu dur, je n’avais vu personne à part mes parents chez qui je vivais depuis octobre… Et puis le fait de lire, lire et relire des cours toute la journée c’était fatiguant à la fin. Pour ce qui est des cours, je ne dirais pas que c’était une difficulté, on est toujours un peu abattus quand un cours horrible de 50 pages tombe et qu’il faut « démêler » tout ça et se plonger dedans, mais les UE et les cours étaient tellement intéressants que ça me motivait et ce n’était pas une corvée d’apprendre tout ça. Je le voyais plus comme un défi, un jeu, pour retenir le plus de choses possible (#bioch). Ensuite, heureusement j’étais toujours bien classée en colles et au concours blanc, ça m’a beaucoup poussée à travailler encore plus. Le plus gros défi a été de gérer la pression et le stress. Depuis toute petite je veux faire médecin, depuis pas mal d’année j’essayais d’imaginer la PACES, et j’y étais enfin. Je ne voulais absolument pas avoir de regrets, et donc j’ai vraiment TOUT fait pour réussir. C’est à dire que je ne sortais plus, j’avais arrêté le sport, j’avais réduis la durée de mes repas, je ne m’autorisais aucune perte de temps et surtout je ne m’économisais jamais. Je sais que j’étais un peu extrême, mais je ne me voyais vraiment rien faire d’autre que médecine dans ma vie, et l’échec aurait été très dur. C’est pour ça que je me suis mise toute seule une pression énorme, j’ai eu des moments de doute où je pleurais en pensant à l’échec, mais ça n’a jamais duré bien longtemps parce que je n’avais qu’un seul objectif en tête, c’est ce que je voulais par dessus tout. Je dirais même que c’est cette pression qui m’a permis de réussir.
Comment as-tu vécu cette année ? (tu peux développer en détail ton année, ton organisation etc…) *
Globalement, si pour certains la PACES était un enfer, pour moi le PASS ne l’était pas. Bien sûr que ce n’était pas une partie de plaisir tous les jours, mais comme dit plus haut il y a des petites choses qui motivent chaque jour : un cours super intéressant, un bon classement en colle, des encouragements de la famille, et puis quand même ce sentiment d’accomplissement, de faire des choses dont on ne se serait jamais crû capable. Durant l’année le moral fait un peu les montagnes russes, un moment on se sent super fier puis la minute d’après on a une grosse perte de confiance en soi…. En tout cas les 2 semestres filent à une allure monstrueuse, croyez-moi. Pour ce qui est de mon organisation, je pense l’avoir bien détaillée plus haut. Je rajouterais que j’ai toujours cherché à COMPRENDRE les cours au lieu de les apprendre bêtement par coeur ; c’est bien plus facile de retenir comme ça et même dans le par coeur, on peut faire des liens, trouver une explication pour soi-même si ça aide à mieux retenir… Pendant les révisions (2 semaines à Clermont), j’ai enchainé 2 fois le programme, en faisant des annales +++ (2 fois chacune si possible, surtout si je m’étais foirée la première fois).
Des conseils pour les futurs PASS/LAS *
Soyez motivés, déterminés, mais surtout ayez de la DISCIPLINE, c’est encore plus important selon moi. Tout le monde est motivé en allant en PASS, mais il faut toujours avoir de la discipline pour se lever le matin, voir un cours que l’on déteste, bref, ne pas rester dans ses acquis et se faire un peu violence pour faire la différence (en préservant sa santé bien sûr). Dormez, c’est important, travailler non stop c’est dur mais travailler en étant crevé c’est impossible et ce n’est pas tenable. Aérez vous si vous en ressentez le besoin, faites du sport, ou tout autre activité qui ne vous prendra pas trop de temps ou qui ne vous fera pas trop culpabiliser (car c’est plutôt ça le problème, personnellement la charge mentale de faire autre chose que bosser n’étais pas supportable alors j’ai préféré tout arrêter à coté). Si vous allez à Clermont, faites le tutorat +++ ! Il n’a rien à envier aux prépas, les tuteurs sont super investis, répondent vite aux questions, rédigent des supports de cours et des fiches, des colles qui sont vérifiées par les professeurs, organisent des concours blancs en conditions réelles, et surtout sont un soutien moral sans égal. Je le recommande à 1000% !! Faites une pré-rentrée (le tuto en propose une) pour vous habituer au rythme, aux cours, pour vous donner une petite longueur d’avance et pour vous tester sur votre méthode de travail, c’est super important. Un autre point qui rejoint le précédent, commencez dès le début à bosser, il ne faut pas attendre le 15 septembre pour s’y mettre sérieusement, chaque semaine compte. Bien sûr on ne passe pas de 0 à 10h de travail en 1 jour, mais la pré rentrée est faite justement pour y aller progressivement et être d’attaque dès le premier jour et ne pas prendre de retard. Le temps est vraiment la clé de tout en PASS, sachez le gérer, ne pas le perdre inutilement et l’optimiser (si par exemple vous avez un rdv, emmenez des fiches avec vous, c’est ça de gagné). Ne perdez jamais votre objectif des yeux, il y aura des moments difficiles mais c’est votre travail et seulement votre travail qui définira votre année. N’ayez pas de regrets, mes tuteurs me l’ont énormément répété, mais la pire des choses est de se reposer sur ses lauriers et rater à quelques places près, par exemple. N’oubliez pas que le lycée et vos notes au bac ne prédisposent en rien à votre réussite ou à votre échec, tout se joue maintenant. Et enfin, essayer de rester positif quant à cette année, moi j’essayais de voir ça comme un défi, de mettre un peu de « ludique » dans mes cours, de rester curieuse et de me poser des questions, en bref il faut essayer d’AIMER ce que vous faites, en tout n’en sera que plus facile.
